Plus de démocratie: le chemin pour une meilleure formation professionnelle

Papier de position présenté à l’assemblée annuelle du 28/29 mars 2015 (PDF)

Pour la jeunesse socialiste, la lutte pour un système économique juste passe par une lutte pour plus de démocratie. Aujourd’hui, le capital dicte sa loi, il détient tout pouvoir dans notre économie. Nous souhaitons que les employés et employées puissent avoir le contrôle sur leur travail. Nous voulons démocratiser l’économie.

De bonnes conditions de travail également pour les apprentis et apprenties

La formation professionnelle connait, en Suisse, une longue tradition. Les compagnonnages existent déjà dès les prémisses du capitalisme. Au 19ème siècle, le gouvernement fédéral décide de soutenir le système de formation duale. Ce type de formation est également prometteuse du point de vue socialiste. Car la mise en place de norme et un contrôle de l’Etat est aussi dans l’intérêt des apprentis et apprenties. Aujourd’hui, la formation professionnelle en Suisse présente de nombreux points positifs. Cependant, il reste certaines imperfections : la pression sur le lieu de travail s’amplifie, les contrôles des places d’apprentissages sont insuffisants et les droits des apprentis n’existent souvent qu’en théorie. Exploitation abusive, salaires extrêmement bas, prise en charge insuffisante et risques pour la santé sur le lieu de travail sont encore des réalités.

Dans les années 90, est survenu une pénurie de places d’apprentissages. Les employeurs et employeuses se défilaient systématiquement de leurs responsabilités et refusaient de créer de nouvelles places d’apprentissage. Avec l’initiative pour des places d’apprentissage (LIPA), la gauche souhaitait mettre fin à cette situation et créer un meilleur environnement de formation duale pour tous. Bien que l’initiative ait échoué aux urnes, elle a permis une amélioration de la loi sur la formation professionnelle. Depuis 2002, l’Etat a plus de compétences concernant la création de places d’apprentissage et le suivi de la formation. Depuis lors, il n’y a pas eu de progrès et les mesures existantes sont mal appliquées. Nous voulons changer cela.

Mettre fin à la précarité

Aujourd’hui, le chômage des jeunes et la pauvreté ne sont désormais plus seulement un problème à l’étranger. Même en Suisse, le chômage des jeunes est nettement plus élevé que celui de la moyenne de la population active. Près de 8% des jeunes entre 15 et 24 ans n’ont pas d’emploi. Le constat est le même quant à la pauvreté des jeunes: 45% des bénéficiaires de l’aide sociale en Suisse sont des jeunes. La majorité d’entre eux n’ont aucune formation. Ce manque de perspectives conduit non seulement au désespoir et à une intense frustration, mais peut aussi mener à une accumulation de dettes, à la criminalité et aux troubles mentaux. De plus, ceux et celles qui ont un emploi doivent souvent travailler dans des conditions précaires ; la génération de stagiaires est en progression rapide en Suisse ; de nombreuses personnes se retrouvent après leurs formations à devoir suivre de multiples stages sans certitude d’être rémunéré.

Il est grand temps de mettre fin à cette situation intenable et de faire respecter la loi et la démocratie dans la formation professionnelle et dans les entreprises. Il est temps de créer plus de liberté et de justice pour les jeunes dans notre économie. La JSS demande donc :

Plus de protection!

  • Un meilleur contrôle des conditions d’apprentissage par les cantons.
  • En général, pas de travail de nuit pour les apprenti-e-s et stagiaires et des horaires de travail réglementés pour les exceptions.
  • Un temps de travail limité à 8 h/J et 40 h/S qui soit appliqué.
  • Aucun travail qui ne soit pas lié à la profession.
  • Un cadre juridique pour les stages.
  • Une protection contre la discrimination fondée sur l’apparence physique, le sexe, l’orientation sexuelle, l’origine ethnique, la croyance, le statut social et la langue durant la formation.
  • L’établissement de candidatures anonymes.

Plus de dialogue!

  • Une participation démocratique dans les entreprises formatrices.
  • Une supervision pédagogique tripartite avec le gouvernement, les syndicats et des représentant-e-s démocratiquement élus par les apprentis et apprenties.
  • Le droit de vote à 16 ans.
  • La possibilité de changer de maitre d’apprentissage sans bureaucratie et la possibilité d’annuler le contrat d’apprentissage de manière unilatérale.

Plus de rémunération!

  • Un salaire minimum pour les apprentis/apprenties et les stagiaires.
  • Au minimum 7 semaines de vacances pour les apprenti-e-s et stagiaires.
  • L’abolition des amendes dans les écoles professionnelles.
  • Un 13ème salaire pour les apprentis/apprenties.

Plus de perspective!

  • La garantie de l’entreprise formatrice envers l’apprenti-e pour qu’il/elle trouve une formation ou un emploi à la fin de la formation professionnelle initiale.
  • Un fond national pour la formation professionnelle.
  • Le droit à une formation post-obligatoire pour toutes et tous, y compris les jeunes sans-papiers. Mais, sans qu’aucune information sur les sans-papiers ne soit transmise à d’autres autorités.
  • Une structure de soutien aux entreprises formatrices pour les questions d’apprentissage.
  • La possibilité de réduire la charge administrative liée à la formation professionnelle pour les entreprises formatrices.
  • L’accès prioritaire aux marchés publics pour les entreprises formatrices.
  • Le développement de nouvelles structures de transition professionnelle pour les jeunes en difficulté.

Plus de formations!

  • Au moins deux heures par semaines pour la formation en école qui soit rémunérées.
  • Une harmonisation du système de formation au niveau national.
  • Une harmonisation nationale du système de bourses d’études, comme l’exige l’Initiative sur les bourses d’études.
  • Plus de culture générale, et de cours de civisme et de cours facultatifs (tels que ceux du Gymnase) à l’école professionnelle.
  • Une information obligatoire sur le droit des apprentis/apprenties s tout au long de la formation.
  • L’accès pour les syndicats à l’école professionnelle.
  • Le droit à un accès complet à la formation professionnelle.
  • L’analyse critique des stéréotypes de genre dans les choix de carrière dans le secondaire.
  • Le soutien à la formation continue plutôt que les congés pour études.
  • Une amélioration de la reconnaissance des formations professionnelles.